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PGE : où en est le remboursement et par quoi le remplacer pour financer son entreprise

Introduction

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Lancé dans l’urgence en mars 2020 pour éviter une vague de faillites liée à la crise sanitaire, le Prêt Garanti par l’État (PGE) reste, six ans plus tard, une réalité comptable et financière pour des dizaines de milliers de TPE et PME françaises encore en phase de remboursement. Si le dispositif est fermé aux nouvelles souscriptions depuis fin 2021, comprendre ses modalités actuelles de remboursement, les solutions de rééchelonnement disponibles en cas de difficulté, et surtout les dispositifs qui lui succèdent pour financer un nouveau besoin de trésorerie, reste essentiel pour de nombreux dirigeants en 2026.

Ce guide fait le point sur l’état du dispositif PGE en 2026, les taux et modalités de remboursement applicables, la procédure de rééchelonnement pour les entreprises en difficulté, la comptabilisation du prêt, et les alternatives disponibles aujourd’hui pour tout nouveau besoin de financement garanti.


Accès rapide

[Simuler le rééchelonnement de mon PGE] — Selon ma situation [Découvrir les garanties Bpifrance disponibles en 2026] — Pour un nouveau financement [Contacter la Médiation du crédit] — En cas de difficulté de remboursement

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Le PGE en 2026 : un dispositif fermé, mais toujours actif dans les bilans

Aucune nouvelle souscription possible

Point essentiel à clarifier d’emblée pour éviter toute confusion : le dispositif PGE a été définitivement fermé aux nouvelles souscriptions le 31 décembre 2021. Aucune entreprise ne peut donc solliciter un nouveau PGE en 2026, quelle que soit sa situation. Les entreprises concernées en 2026 sont exclusivement celles ayant souscrit un PGE entre mars 2020 et fin 2021, et qui se trouvent encore, à des degrés divers, en phase de remboursement de ce prêt.

L’ampleur du dispositif à son origine

Entre mars 2020 et sa fermeture, environ 700 000 prêts garantis par l’État ont été accordés par les banques françaises, pour un montant total dépassant 143 milliards d’euros. Les TPE et PME représentent à elles seules les trois quarts des entreprises ayant eu recours à ce dispositif, avec une concentration particulière dans les secteurs de l’hébergement-restauration et de la construction, deux secteurs particulièrement touchés par les restrictions sanitaires de l’époque.

Un remboursement globalement maîtrisé, mais des difficultés persistantes pour une minorité

Selon les données du ministère des Finances, la grande majorité des entreprises ont fait face à leurs échéances de remboursement sans difficulté majeure en 2022 et 2023 : plus de 50 milliards d’euros de crédits ont été intégralement remboursés sur les 107 milliards octroyés spécifiquement aux TPE/PME depuis 2020. Néanmoins, une part significative d’entreprises, particulièrement les plus petites structures, continue de rencontrer des difficultés : selon les données disponibles, environ 4 % des PGE rencontrent des difficultés de remboursement, un taux qui reste concentré sur les TPE et PME des secteurs les plus fragilisés.


Rappel du fonctionnement initial du PGE

Les principes fondateurs

Le PGE permettait à une entreprise d’obtenir un prêt bancaire garanti par l’État, dans la limite de 25 % du chiffre d’affaires annuel, avec une garantie publique couvrant une part significative du montant emprunté en cas de défaillance de l’entreprise.

Le niveau de garantie selon la taille de l’entreprise

Taille de l’entreprise (chiffre d’affaires)Niveau de garantie de l’État
Moins de 1,5 milliard d’euros (TPE/PME notamment)Jusqu’à 90 %
Entre 1,5 et 5 milliards d’eurosRéduit progressivement
Plus de 5 milliards d’euros70 %

Ce mécanisme de garantie publique permettait aux banques de prêter dans un contexte d’incertitude économique majeure, en limitant significativement leur propre exposition au risque de défaut, l’État se portant garant pour l’essentiel du montant en cas de non-remboursement.


Les modalités de remboursement en 2026

Une structure de remboursement échelonnée sur plusieurs années

Les derniers PGE contractés fin 2021, avec une durée maximale de 6 ans, seront intégralement remboursés au plus tard fin 2027 — ce qui signifie que 2026 constitue, pour de nombreuses entreprises ayant souscrit tardivement, l’une des dernières années significatives de remboursement du dispositif.

Les taux applicables selon l’échéancier

Période de remboursementTaux bancaire applicable (garantie d’État incluse)
Prêts remboursés d’ici 2022-20231 % à 1,5 %
Prêts remboursés entre 2024 et 20262 % à 2,5 %

Ces taux, particulièrement bas au regard des conditions de marché applicables au crédit classique, intègrent directement le coût de la garantie de l’État, fixé selon la durée du prêt à un niveau compris entre 0,25 % et 0,5 % du montant emprunté — un coût de garantie qui reste dû chaque année, y compris pendant les périodes où seul le paiement des intérêts est exigé, sans remboursement de capital.

La comptabilisation du PGE

Sur le plan comptable, le PGE est traité comme un emprunt bancaire ordinaire. À chaque échéance de remboursement, le capital remboursé vient débiter le compte d’emprunt (compte 164), tandis que les intérêts et le coût de la garantie d’État sont enregistrés en charges financières (compte 661), traités comme une charge déductible du résultat imposable. En fin d’exercice comptable, la fraction du capital remboursable dans les 12 mois suivants doit être reclassée en dettes à court terme, une opération de présentation comptable à ne pas négliger lors de l’établissement des comptes annuels.


Le rééchelonnement du PGE : une solution prolongée jusqu’en 2026

Le principe de l’accord de place

Face aux difficultés persistantes rencontrées par certaines TPE et PME, un accord de place a été signé le 19 janvier 2022 entre le ministère de l’Économie, la Banque de France, la Fédération Bancaire Française et l’Institut d’émission d’outre-mer, permettant aux entreprises concernées d’étaler la période de remboursement de leur PGE sur 2 à 4 années supplémentaires, tout en conservant la garantie de l’État à hauteur de 90 %.

Cet accord, initialement prévu jusqu’à fin 2023, a été prolongé à deux reprises, la seconde fois pour porter son application jusqu’à la fin 2026 — un allongement significatif qui témoigne de la persistance des difficultés rencontrées par une partie du tissu économique des TPE/PME françaises, plusieurs années après la crise sanitaire initiale.

Les conditions d’éligibilité au rééchelonnement

Pour bénéficier de ce dispositif de rééchelonnement, une entreprise doit répondre à plusieurs critères cumulatifs :

  • Employer moins de 250 salariés au moment de l’obtention initiale du PGE
  • Réaliser moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, ou disposer d’un total de bilan inférieur à 43 millions d’euros
  • Ne pas être en situation de cessation de paiements
  • Présenter des perspectives commerciales et financières susceptibles d’assurer sa pérennité, attestées par un expert-comptable ou un commissaire aux comptes lorsque le montant du PGE ne dépasse pas 50 000 €

La procédure selon le montant du PGE

Montant du PGEInterlocuteur pour la demande de rééchelonnement
Jusqu’à 50 000 €Médiation du crédit aux entreprises
Au-delà de 50 000 €Conseiller départemental à la sortie de crise

La Médiation du crédit constitue un dispositif public entièrement gratuit, destiné à accompagner les entreprises en difficulté dans leurs discussions avec leurs créanciers bancaires, y compris pour les PGE. Ce dispositif de proximité peut être sollicité directement par le dirigeant, sans nécessité de passer par un intermédiaire payant.

Ce que couvre le rééchelonnement

L’étalement porte sur les échéances du PGE lui-même, mais peut également, selon les cas, s’étendre à d’autres dettes bancaires classiques de l’entreprise — le rééchelonnement exclut en revanche explicitement le crédit-bail, la location financière et l’affacturage, des formes de financement qui répondent à une logique juridique différente et ne relèvent pas de ce dispositif spécifique.

La durée maximale d’amortissement après rééchelonnement

Pour les entreprises bénéficiant de ce dispositif, la durée d’amortissement du PGE peut, une fois le rééchelonnement accordé, s’étendre jusqu’à 10 ans au total — un allongement significatif par rapport à la durée initiale de 6 ans maximum prévue à l’origine du dispositif, offrant un répit budgétaire réel aux entreprises dont la trésorerie reste fragile.


Que faire concrètement en cas de difficulté de remboursement en 2026 ?

Les étapes à suivre

  1. Anticiper la difficulté le plus en amont possible, sans attendre un incident de paiement effectif, qui complique généralement les discussions avec la banque
  2. Faire établir une attestation par un expert-comptable ou un commissaire aux comptes, confirmant la difficulté de remboursement et les perspectives de l’entreprise, en particulier pour les PGE de moins de 50 000 €
  3. Contacter la Médiation du crédit aux entreprises, un service public gratuit, pour engager la procédure de rééchelonnement
  4. Pour les montants supérieurs à 50 000 €, solliciter directement le conseiller départemental à la sortie de crise, présent dans chaque région
  5. Préparer un dossier démontrant les perspectives de pérennité de l’entreprise, élément central de l’évaluation de l’éligibilité au dispositif

Ce qu’il ne faut pas faire

Attendre passivement une éventuelle procédure de recouvrement avant d’engager une démarche de rééchelonnement constitue généralement la pire des stratégies : plus la démarche est engagée tôt, plus les marges de négociation avec la banque et la Médiation du crédit restent importantes, avant qu’une situation de cessation de paiements ne vienne compromettre l’éligibilité même au dispositif de rééchelonnement.


Les alternatives pour un nouveau besoin de financement en 2026

Pourquoi le PGE ne peut plus répondre à un besoin actuel

Pour toute entreprise ayant un nouveau besoin de trésorerie ou de financement en 2026, le PGE n’est plus une option : sa fermeture définitive fin 2021 impose de se tourner vers d’autres dispositifs de financement garanti, dont plusieurs ont directement pris le relais dans la logique de soutien au financement des TPE/PME françaises.

Les garanties Bpifrance : le principal relais

Bpifrance, la banque publique d’investissement, propose plusieurs dispositifs de garantie destinés à faciliter l’accès au crédit bancaire classique pour les TPE/PME, selon une logique proche de celle du PGE mais adaptée à des besoins de financement plus ciblés :

Type de besoinDispositif de garantie disponible
Création ou reprise d’entrepriseGarantie Création / Garantie Bpifrance dédiée
Développement, investissementGarantie Développement
Renforcement de la trésorerieGarantie Renforcement de la Trésorerie
Projets d’innovationGaranties spécifiques Innovation

Ces garanties fonctionnent selon un mécanisme similaire au PGE : la banque prêteuse bénéficie d’une garantie publique partielle sur le montant du prêt accordé, ce qui facilite l’octroi du crédit pour des entreprises qui, sans cette garantie, présenteraient un profil de risque jugé trop élevé par l’établissement prêteur seul.

Le microcrédit professionnel

Pour les plus petites structures, notamment les créateurs d’entreprise ou les TPE en tout début d’activité, le microcrédit professionnel (via des organismes comme l’ADIE, déjà détaillé dans le cadre du crédit pour indépendants) reste une option accessible, avec des montants plus limités mais des conditions d’accès moins strictes que le crédit bancaire classique.

Le prêt d’honneur

Certains réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise (Initiative France, Réseau Entreprendre, notamment) proposent des prêts d’honneur, à taux zéro et sans garantie personnelle exigée, destinés à renforcer les fonds propres du créateur d’entreprise et à faciliter, par effet de levier, l’obtention d’un financement bancaire complémentaire.


Exemple chiffré : le coût réel d’un PGE en fin de vie en 2026

Exemple théorique simplifié à visée pédagogique, à ajuster selon les conditions réelles du contrat souscrit.

Situation : une PME a souscrit en 2021 un PGE de 150 000 €, sur une durée initiale de 6 ans, avec un taux global de 2,2 % (garantie d’État incluse) pour la dernière tranche de remboursement 2024-2026.

ÉlémentValeur
Capital restant dû début 2026≈ 40 000 €
Taux applicable2,2 %
Durée restante12 mois
Mensualité de capital + intérêts estimée≈ 3 407 €
Coût total des intérêts et garantie sur la dernière année≈ 880 €

En cas de rééchelonnement sur 2 années supplémentaires, la mensualité serait ramenée à environ 1 730 €, allégeant significativement la charge mensuelle de l’entreprise en contrepartie d’un allongement de la durée totale de remboursement — un arbitrage classique entre soulagement immédiat de trésorerie et coût total légèrement supérieur sur la durée.


Erreurs fréquentes

  • Penser qu’un nouveau PGE reste accessible en 2026, alors que le dispositif est définitivement fermé aux nouvelles souscriptions depuis fin 2021
  • Attendre une situation de cessation de paiements avant d’engager une démarche de rééchelonnement, ce qui peut compromettre l’éligibilité même au dispositif
  • Ignorer la possibilité de solliciter gratuitement la Médiation du crédit aux entreprises, en recourant à des intermédiaires payants pour une démarche identique
  • Négliger la comptabilisation correcte du coût de la garantie d’État, qui reste dû même en l’absence de remboursement de capital pendant certaines périodes
  • Confondre le rééchelonnement du PGE avec d’autres dettes de l’entreprise (crédit-bail, affacturage), explicitement exclues du dispositif
  • Se tourner par méconnaissance vers un crédit classique sans garantie, alors que les dispositifs Bpifrance actuels peuvent offrir des conditions bien plus favorables pour un nouveau besoin de financement

Mythes et réalités

“Il est encore possible de souscrire un PGE en 2026.” Faux : le dispositif est fermé aux nouvelles souscriptions depuis le 31 décembre 2021, sans aucune exception possible.

“Toutes les entreprises ayant souscrit un PGE rencontrent des difficultés de remboursement.” Faux : selon les données disponibles, seule une minorité (environ 4 %) des PGE rencontre des difficultés de remboursement, la grande majorité des entreprises ayant fait face à leurs échéances sans problème majeur.

“Le rééchelonnement du PGE est payant et nécessite un intermédiaire spécialisé.” Faux : la Médiation du crédit aux entreprises est un service public entièrement gratuit, directement accessible par le dirigeant concerné.

“Sans PGE, aucune solution de financement garanti n’existe plus pour les TPE/PME en 2026.” Faux : Bpifrance propose plusieurs dispositifs de garantie (création, développement, trésorerie, innovation) qui prennent le relais du PGE pour de nouveaux besoins de financement.


Étapes pour gérer son PGE en 2026

  1. Vérifier précisément l’échéancier de remboursement de son PGE et le solde restant dû
  2. Anticiper toute difficulté de trésorerie le plus en amont possible, sans attendre un incident de paiement
  3. Faire établir, si nécessaire, une attestation par un expert-comptable pour les PGE de moins de 50 000 €
  4. Contacter la Médiation du crédit ou le conseiller départemental à la sortie de crise selon le montant concerné
  5. Vérifier la comptabilisation correcte du prêt et du coût de la garantie d’État dans les comptes annuels de l’entreprise
  6. Pour un nouveau besoin de financement, se tourner vers les dispositifs de garantie Bpifrance adaptés à la nature du projet
  7. Solliciter l’appui d’un expert-comptable pour évaluer la meilleure stratégie de remboursement ou de rééchelonnement selon la situation réelle de l’entreprise

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